
Mercredi 13 janvier 1999
Etape 12 NEMA / TICHIT
Notes sur l'étape : La passe d'Enji et l'erg de la montagne des éléphants, feront partie des difficultés de cette étape superbe se déroulant sur une piste que Thierry Sabine avait rouverte en 1985. Du sable, des pierres, des plateaux rocheux, des dunes, tout un programme ! Mais quel bonheur pour tous ceux qui rejoindront Tichit !
Village de rêve situé dans un décor grandiose, Tichit figure parmi les must du Dakar avec ses dunes de sable blanc qui s'élèvent aux pieds des falaises.
Notes sur la course : Sainct et Schlesser confortent leurs positions.
Les KTM sont-elles en train de tomber dans le piège BMW ? telle est la question du jour, si l'on se réfère à la " passivité " dont ont fait preuve aujourd'hui les pilotes de la marque autrichienne, qui n'ont pas tenté de faire le break avec Richard Sainct sur un parcours qui aurait dû les avantager, à condition de prendre le risque d'attaquer dés le départ.
Ce soir, Richard Sainct a augmenté son avance sur ses poursuivants, les reléguant à 4'41'' pour Magnaldi , 17'57'' pour Meoni et 24'46'' pour Cox.
En auto, on craignait le pire à l'arrivée lorsque fut annoncé l'accrochage entre Jean Louis Schlesser et Miguel Prieto au kilomètre 170 ! Sans doute énervé par l'incident dans lequel il perdit 3 à 4 minutes, le Français se vengeait en remportant la victoire d'étape avec 11'30'' d'avance sur son rival Espagnol, qu'il précède désormais de 20'27'' au général.
Les 62 motos toujours en course s'étaient élancées dès le lever du jour pour cette étape de 490 kilomètres, dont on pensait qu'elle pourrait réserver quelques surprises. Ce ne fut pas le cas malgré la diversité du terrain: sable, pierres, plateaux rocheux, dunes. Des quatre pilotes pouvant encore prétendre à la victoire, le leader provisoire du classement général, Richard Sainct, a le mieux tiré parti de cette journée qui pourrait peser lourd dans la balance des résultats, à deux jours de l'arrivée à Nouakchott, où la course sera jouée !
" Je suis seul contre les trois pilotes KTM qui ont essayé de me " bloquer " ce matin. Je n'avais pas intérêt à chercher à faire la différence aujourd'hui car, étant seul, cela équivaudrait à jouer au poker. " déclarait Sainct à l'arrivée, satisfait mais de plus en plus tendu à l'approche de l'arrivée.
" Difficile de faire un coup de "nav " sur une étape où viennent de passer les ouvreurs du rallye et dont il suffit de suivre les traces. Richard a attaqué à 20 kilomètres de l'arrivée sur une portion où sa moto était plus rapide que les nôtres ", répliquait Magnaldi.
La bonne analyse, c'est peut être Tiainen qui la faisait. Le jeune pilote finlandais, plusieurs fois champion du monde d'enduro, découvre le Dakar pour sa seconde participation : " J'ai du mal à comprendre la stratégie des spécialistes des rallyes-raids, ils s'observent pendant 400 kilomètres et accélèrent vraiment à 90 kilomètres de l'arrivée ! "
En catégorie " Production ", l'Anglais John Deacon qui s'impatiente de la venue de son premier bébé est toujours en tête, alors que 4 quads sont toujours en course.
En auto, à l'inverse des KTM, peut-on affirmer que Jean Louis Schlesser est en passe de gagner son premier Dakar ? Lorsque l'on connaît le côté superstitieux du personnage, mieux vaut ne pas évoquer la question au risque de le mettre en colère ! Pourtant, le champion du monde en titre a suffisamment augmenté son avance sur la Mitsubishi de Prieto (20'27'') pour se mettre à l'abri d'une crevaison, d'autant que la piste qui mène à Atar à la fin de la spéciale de demain est caillouteuse.
Miguel Prieto a passé une mauvaise journée : " Par deux fois j'ai cru que la voiture allait se renverser dans le dévers de la dune ! De plus la fermeture de ma combinaison étant cassée, elle se remplissait de sable chaque fois que nous creusions pour désensabler la voiture. Je suis irrité sur tout le corps ! "
Une fois de plus Thierry De Lavergne a été le seul à ne pas se faire trop décrocher par les Schlesser et les Mitsubishi. Son nouveau Nissan Patrol, bien qu'il manque de chevaux pour se mêler à la lutte pour la victoire, a fait d'énormes progrès dans sa nouvelle version, ce qui a regonflé le moral de Thierry qui s'impose régulièrement à ses coéquipiers de l'équipe Dessoude.
En camion, le " petit Hino " de Sugawara se mêlait à la lutte des " grands " en pointant à CP3 entre le Kamaz russe et le Tatra tchèque de Loprais.
Demain, 579 kilomètres de spéciale pour retrouver Atar ! Les KTM et Prieto pourront ils revenir sur leur leader respectif ? Inch Allah ...