
Vendredi 15 janvier 1999
Etape 14 ATAR / NOUAKCHOTT
Notes sur l'étape : Dernière véritable étape de ce 21ème Dakar, elle n'en sera pas pour autant facile. Etape de navigation qui débutera dans un massif montagneux, elle conduira les concurrents dans le lit d'un oued pendant 50 kilomètres qui déboucheront sur une zone désertique de 300 kilomètres avant de rejoindre Nouakchott.
Là deux cas de figures seront envisageables : prendre la bonne vallée qui permettra d'avaler la distance à toute allure, soit opter pour la mauvaise avec toutes les chances de galèrer dans les dunes.
Ceux qui en auto, moto et camion pointeront en tête à Nouakchott auront, sauf incident mécanique, course gagnée. Mais cette dernière grande étape de désert sera sans pitié pour ceux qui iront à la faute !
Notes sur la course : Les jeux sont (peut être) faits !
" Sainct est venu comme un chat parmi les pigeons ! On a tout essayé, mais il n'a pas craqué, il faut le féliciter, mais je suis désolé pour KTM compte tenu des moyens qui avaient été mis à notre disposition ". C'est Alfie Cox qui parle à l'arrivée de la spéciale située à 37 kilomètres du bivouac de Nouakchott. Richard Sainct vient de franchir le dernier obstacle sérieux, comme il a su franchir tous les autres depuis le départ et, lors de leur dernière attaque, Magnaldi et Meoni, ses deux poursuivants, sont allés à la faute !
Ramené par précaution au PC médical du rallye pour examens complémentaires, Magnaldi raconte : " 60 kilomètres après le départ, je suis tombé dans les rochers. Je me suis relevé avec un gros hématome au ventre, côté droit, mais j'ai continué d'attaquer, malgré la douleur qui m'a fait commettre quelques erreurs. A CP2 j'avais rattrapé Richard et 20 kilomètres plus loin nous l'avons passé avec Meoni en essayant de le pousser à solliciter sa mécanique au maximum, mais ça a tenu. ".
" Je pense qu'ils exagèrent " répond Sainct de son côté " Les ayant vus avec les médecins au ravitaillement, je n'ai pas poussé ma BMW outre mesure sur les 200 derniers kilomètres qui étaient à fond. Je roulais à 130-140 km/h lorsque j'ai été doublé par deux fusées ! Là je me suis dit qu'ils n'allaient pas si mal que ça ! "
Pourtant, 15 kilomètres après le départ, Meoni s'était fait une forte contusion à la cheville gauche lors d'une chute, à tel point que les médecins qui l'examinaient à CP2 suspectaient une foulure ! Avant d'être examiné à l'arrivée au PC médical où aucun problème n'était détecté, il s'était contenté d'expliquer qu'il avait eu très mal, mais qu'il voulait absolument rallier Dakar !
C'est Giovani Sala, le sympathique pilote italien champion du monde d'enduro en titre, qui a profité de la lutte des " géants " du Dakar pour remporter sa première victoire sur l'épreuve, devant Meoni à 22 secondes et Cox à 1'46''.
En auto, José Maria Servia et Jean Pierre Fontenay, qui roulaient en couverture de Schlesser et Prieto, attaquaient dès le départ de manière à rattraper leurs compagnons d'écurie le plus rapidement possible. Cela leur valait de passer en tête au premier contrôle de passage (km 121). Roulant ensuite derrière leurs leaders, ils rejoignaient Nouakchott aux deux premières places, Servia terminant à 4'14'' devant Fontenay.
Avec 27'46'' d'avance, Jean Louis peut voir la vie en bleue (couleur de son buggy), mais toujours aussi philosophe il essaie de convaincre son auditoire qu'il ne peut tout contrôler " je ne vais pas me faire du sang noir ! je ne peux pas tout maîtriser, surtout du côté de la mécanique ! le Bon Dieu nous regarde et j'ai confiance " Ne croyez surtout pas que Schlesser soit devenu mystique ! il se souvient juste qu'il y a trois ans il avait rejoint le podium d'arrivée au Lac Rose en remorque derrière son camion d'assistance !
Demain, une courte spéciale de 151 kilomètres dont la plus grande partie se déroulera sur la plage conduira les " Dakariens " à Saint Louis du Sénégal.